Le mensuel protestant réformé évangélique
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Actualité nationale

Au sommaire de l’actu nationale

- Le temps d’un soupir (biennale 2019)
- Solidarité Unépref - Sénégal
- L’Église protestante peut appeler à la paix
- Approximations et amalgames…
- Soutien à l’éducation des enfants en Haïti

L’Église protestante peut appeler à la paix

Les Églises protestantes ont-elles affiché un positionnement clair sur la question de l’indépendance ?

L’Église principale, de tradition réformée, est l’Église Protestante en Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC). En 1979, elle a pris position pour l’indépendance, après tout un travail de réflexion notamment théologique. Mais elle s’est démarquée des militants en prônant une indépendance préparée, non-violente et qui n’exclut personne. Depuis quarante ans, la situation a bien sûr changé. Aujourd’hui, même si l’EPKNC rappelle cette première prise de position, elle s’inscrit davantage dans l’accompagnement du processus et de la période post-référendaire. Lors de son synode, au mois d’août, elle a rappelé qu’il ne devait en aucun cas y avoir humiliation des uns par les autres au lendemain du vote. Une autre dénomination protestante, l’Église libre, se positionne exactement sur la même ligne théologique que l’EPKNC tout en restant apolitique. Enfin, toute une série d’Églises évangéliques, pentecôtistes et autres n’ont pris, elles, absolument aucune position.

Toutes ces Églises ont-elles eu une influence au sein de la société ?

Les Églises ont perdu beaucoup de leur influence. Leur place reste importante car 15 % de la population est protestante. Surtout dans le milieu kanak, où c’est le cas de 50 % des individus. Les Églises ont donc davantage d’impact sur la société kanak que sur la société néo-calédonienne en général. Lors des accords de Matignon, en 1988, la mission de dialogue envoyée par Michel Rocard comprenait le président de la Fédération protestante de France, Jacques Stewart, le recteur de l’université catholique de Paris et le grand maître du Grand Orient de France. Les Églises étaient alors incontournables. Aujourd’hui, elles ne sont pas mineures mais il est clair qu’elles ont moins de poids qu’à cette époque.

Qu’est-ce que les protestants ont pu apporter au débat au sein de la société ?

L’EPKNC est une Église kanak à 95 %, ce qui lui donne moins de crédit que l’Église catholique,
pluri-ethnique. Néanmoins, elle peut apporter un appel à la paix, à la non-violence, au dialogue. Et elle ne fait pas que le prêcher, elle cherche à le mettre en place. L’Église catholique est beaucoup plus représentative de la population. Elle comprend une forte communauté wallisienne qui vit en Nouvelle-Calédonie. Mais l’Église catholique n’a jamais voulu s’engager sur les questions politiques. Elle parle certes de dialogue mais bien moins que l’Église protestante. Cette dernière prend non seulement position sur l’indépendance mais aussi sur l’alcoolisme, le chômage et les questions sociétales. Même affaiblie car divisée et peu représentative de la population, elle reste précieuse.

Propos de Frédéric Rognon, recueillis par Claire Bernole pour le journal Réforme.

Professeur de philosophie des religions à la faculté de théologie protestante de Strasbourg, Frédéric Rognon connaît bien la Nouvelle-Calédonie pour s’y être rendu à plusieurs reprises et y avoir vécu. Il y est retourné cet été, pour une mission de deux mois auprès des Églises protestantes. Impressions à la veille du référendum sur l’indépendance, le 4 novembre.
https://www.reforme.net/actualite/societe

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